Followers

Homosexualité au cinéma


Homosexualité au cinéma

L’homosexualité au cinéma consiste à montrer au cinéma des situations où l'homosexualité, sous toutes ses formes, est présente et non-dissimulée.

Longtemps quasi-inexistante ou censurée, c'est une thématique qui ne s'est développée vraiment au cinéma qu'à partir des années 1960, marquées par la libération des mœurs.

Plus qu'en littérature peut-être, l'homosexualité a eu au cinéma une fonction marquée de revendication. Cela tient au fait que ce moyen d'expression s'est développé dans cette période de libération des mœurs, mais aussi peut-être à ce que les images permettent de toucher plus directement le public. Néanmoins, la présentation de l'homosexualité, sous toutes ses formes, ne se résume pas à son illustration ou à sa défense. Le tournant en ce domaine, grand-public, semble avoir été atteint en 2006 par Le Secret de Brokeback Mountain d'Ang Lee qui, par son succès mondial, le nombre impressionnant de récompenses et les réactions qu'il a déclenchées, a permis sans doute d'atteindre une nouvelle dimension à ce genre, un impact social avec un vaste écho. Deux ans plus tard, avec Harvey Milk de Gus Van Sant, pour lequel Sean Penn remporte l'Oscar du Meilleur acteur, « c'est le premier film hollywoodien grand public où le personnage est gay sans s'excuser de l'être ».

Les formes que peut prendre l'homosexualité au cinéma sont donc, de façon schématique, au nombre de trois :

* revendicatrice : c'est une fonction bien représentée à partir des années 1990. Citons en vrac Fucking Åmål, Before Night Falls, Memento Mori (qui peut paraître timide à des yeux occidentaux mais marque un grand pas en avant en Corée du Sud)

* esthétique : on a un prototype de cette homosexualité « distanciée » avec Persona d'Ingmar Bergman, où tout se résume à un jeu de reflets, d'ombres et d'illusions ; le même fonctionnement se retrouve dans Mulholland Drive de David Lynch

* jouissive : cette dernière fonction peut inspirer le meilleur comme le pire, du Théorème de Pier Paolo Pasolini au Caravaggio de Derek Jarman en passant par Tabou de Nagisa Ōshima. Il s'agit souvent (mais pas toujours) de films faits par des homosexuels pour un public homosexuel, ce qui les rend parfois un peu répétitifs.

Proches de la fonction revendicatrice mais un peu à part, certains films se contentent de montrer sans vraiment juger, comme My Beautiful Laundrette de Stephen Frears. (Wikipédia)

mercredi 16 février 2011

Saturno Contro (2008)


Sortie en France 09 juillet 2008
Italie
Réalisateur : Ferzan Ozpetek
Drame
110 mn

Distribution :

Stefano Accorsi (Antonio), Margherita Buy (Angelica Pontesilli), Pierfrancesco Favino (Davide), Serra Yilmaz (Neval), Ennio Fantastichini (Sergio), Ambra Angiolini (Roberta), Luca Argentero (Lorenzo Marchetti), Filippo Timi (Roberto), Michelangelo Tommaso (Paolo), Milena Vukotic (Marta), Luigi Diberti (Vittorio), Lunetta Savino (Minnie), Isabella Ferrari (Laura), Benedetta Gargari (Giulia), Gabriele Paolino (Marco).

Synopsis :

''Pour moi, ce n'est pas la sexualité des gens qui compte mais les gens eux-mêmes, leurs droits.''
Davide, écrivain de contes pour enfants, et son compagnon, Lorenzo, un publicitaire jeune et ambitieux, ont pour habitude de réunir autour de leur table un cercle d'amis qui se retrouvent pour partager leur quotidien. Il y a là Antonio, un banquier en pleine crise existentielle, et sa femme Angelica, psychologue de renom ; une traductrice turque prolixe et indiscrète, Neval, et son mari, un policier timide ; Sergio, un homosexuel quinquagénaire, amer et sarcastique ; Roberta, une jeune femme passionnée d'astrologie, et Paolo, diplômé en médecine, qui vient de se découvrir bisexuel.

Secrets de tournage.

Après la famille, le groupe...

En 2001, le cinéaste d'origine turque Ferzan Ozpetek réalise Tableau de famille, énorme succès public en Italie pour lequel il obtient de nombreuses récompenses dont 4 Nastri d'Argento, 3 Globi d'Oro et le Prix du Meilleur Film au New York Gay and Lesbian Film Festival (Festival du film gay et lesbien de New York) en 2002. Sept ans plus tard, il signe Saturno contro, qui évoque un groupe d'amis et dont l'ambiance peut faire penser à Tableau de famille. Ferzan Ozpetek dresse un parallèle nuancé entre ces deux films : "Ce sont deux films très différents même si, à première vue, on peut penser qu'ils ont des points communs. Tableau de famille racontait l'histoire d'une femme et de sa rencontre avec un groupe d'individus qui étaient exactement son "contraire". De cette rencontre naissait et se produisait le "changement" et la "guérison" de cette femme. Le "groupe" de Tableau de famille était un groupe "alternatif", non bourgeois. C'était véritablement "une grande famille", presque une "commune". À la différence de ce film, Saturno contro ne raconte pas l'histoire d'un personnage par rapport à un groupe "différent" mais parle directement du GROUPE, assez homogène et résolument bourgeois. Le noyau central du groupe est formé de personnes, plus ou moins proches de la quarantaine."

Une histoire de personnages et de dynamiques...

Pour Saturno contro comme pour ses autres films, le réalisateur .Ferzan Ozpetek explique se concentrer "fortement sur les personnages et sur les dynamiques qui les animent." Il ajoute : "Le monde autour des personnages n'est presque jamais représenté de manière objective, on ne voit pas la "société". C'est comme s'ils étaient sur une scène où il n'y a pas de place pour les autres, ni même à la limite pour les figurants. Si, par la suite, de ce qu'ils vivent et de ce à quoi ils sont confrontés apparaissent – en plus des sentiments – les thèmes moraux et sociaux du moment, je suis content parce que cela signifie que les personnages sont réellement nos "contemporains". On n'échappe pas à la société dans laquelle on vit. Comment disait-on il y a des années ? "Le privé est politique". C'est encore vrai."

Un duo reconstitué

Pour Saturno contro, le cinéaste Ferzan Ozpetek a reformé le couple vedette de Tableau de famille, composé de Stefano Accorsi et Margherita Buy.

Accorsi, star italienne

L'acteur italien Stefano Accorsi, héros de Saturno contro, est très populaire dans son pays. Il a notamment travaillé pour des cinéastes tels que Nanni Moretti (La Chambre du fils), Gabriele Muccino (Juste un baiser) ou encore Michele Placido (Romanzo criminale). Mais l'acteur transalpin se distingue également pour ses régulières collaborations avec le cinéma français. On l'a ainsi vu aux génériques des Brigades du Tigre, des Deux mondes, d'Un baiser s'il vous plaît ou encore de La Jeune fille et les loups.

Récompenses

Saturno contro a été recompensé en Italie. Le Syndicat National Italien des Journalistes Cinéma a décerné le Prix du Meilleur scénario au long-métrage, alors que Margherita Buy a reçu le Prix de la Meilleure actrice. Quant à Ambra Angiolini, elle a reçu le David di Donatello Award (équivalent transalpin des César) du Meilleur second rôle féminin. (AlloCine)


Bande-annonce.

Comme les autres (2008)


Année de production 2008
Sortie en France 03 septembre 2008 
France
Réalisateur : Vincent Garenq 
Comédie
90 mn

Distribution :

Lambert Wilson (Emmanuel François Xavier Bernier dit / Manu), Pilar López de Ayala (Josefina Maria Paredes dite : Fina), Pascal Elbé (Philippe), Anne Brochet (Cathy), Andrée Damant (Suzanne), Florence Darel (Isa), Marc Duret (Marc), Liliane Cebrian (La mère de Fina), Luis Jaime Cortez (Le père de Fina), Catherine Erhardy (Mme Charpentier), Eriq Ebouaney (L'assistant social), Agathe Chouchan, Esther Sironneau,  Juliette Degenne, Sophie-Charlotte Husson

Synopsis :


Ils filent le parfait amour... Enfin, presque : Emmanuel veut un enfant et pas Philippe...
Pourtant, Emmanuel décide un jour de franchir le pas, au prix de perdre Philippe... Mais comment avoir un enfant quand on est homo ?

Secrets de tournage.

Genèse du projet

L'idée de Comme les autres est née il y a dix ans, lorsque le réalisateur Vincent Garenq a appris que Manu, son meilleur ami de lycée qui est homo - il a donné son prénom au personnage interprété par Lambert Wilson - est parti en week-end avec son ami et un couple de lesbiennes pour faire connaissance, en vue peut-être de concevoir et élever un enfant ensemble ! "Je me rappelle avoir été très surpris et amusé par cette situation, raconte le cinéaste, et j'ai alors pensé qu'il y avait là un sujet de film. Je me suis donc empressé d'appeler Manu pour qu'il me raconte tout cela plus en détail et il m'a parlé de l'APGL (l'association des parents gays et lesbiens)... A l'époque, on commençait tout juste à parler d'homoparentalité, c'était bien avant la grande vague médiatique de ces dernières années." C'est grâce à cette association qu'il a rencontré des familles, écouté des histoires, souvent très fortes et émouvantes, et a eu envie de faire un documentaire. Mais le projet, de par son sujet, ne rencontra guère d'enthousiasme chez les producteurs que Vincent Garenq contacta. Ce dernier envisagea alors d'écrire une fiction, et c'est en tombant sur un témoignage d'hommes homos ayant eu recours à une mère porteuse, qu'il eut le déclic de l'histoire. Le traitement de vingt pages qu'il élabora intéressa immédiatement le producteur Christophe Rossignon.

Pour un film grand public

Avec ce film, le réalisateur Vincent Garenq revendique un mélange de marginalité (l'homosexualité) et de conformisme (la famille). "Je trouve que c'est un cocktail très contemporain, qui correspond à notre époque où toutes les valeurs familiales sont bouleversées, et où pourtant les Français adorent toujours autant faire des enfants, gardant un sens profond de la famille, même si elles ne revêtent plus tout à fait les atours de la famille traditionnelle, confie le cinéaste. Avec Christophe Rossignon, nous partageons depuis le début le désir que ce film puisse atteindre le grand public. Mais avec un sujet pareil, le moins que l'on puisse dire, c'est que c'était loin d'être acquis et nous savions que nous allions nous heurter à un public à priori rétif au sujet... Et c'est le personnage de Fina qui m'a permis de trouver cet équilibre qui fait que, il me le semble en tout cas, tous les publics peuvent s'identifier à ce film, homos, hétéros, hommes, femmes, enfants, pas d'enfants... Tout simplement parce que le personnage interprété par Lambert Wilson y vit affectivement deux histoires très intenses : l'une avec Pascal Elbé et l'autre avec Pilar Lopez de Alaya... C'est donc un peu un film du "milieu", où chacun peut se raccrocher, qui qu'il soit, quelles que soient ses orientations, et même avoir une lecture très différente des mêmes scènes selon qui il est."

Une révélation : Pilar López de Ayala

Fina, la mère porteuse, est interprétée par Pilar Lopez de Alaya, une star en Espagne, déjà lauréate d'un Goya, mais absolument inconnue en France... Avant le tournage du film, la belle ne parlait aucunement notre langue. C'est grâce à un coach qu'elle a pu apprendre son texte et le restituer dans un français parfait à l'écran.

Zaccaï, Boisselier et Consigny pressentis

Les noms de Jonathan Zaccaï, Julien Boisselier et Anne Consigny ont un temps été associés au film Comme les autres, mais c'est finalement Lambert Wilson, Pascal Elbé et Anne Brochet qui ont été choisis pour interpréter les rôles principaux de cette comédie traitant de l'homosexualité et du désir d'enfant.

Lambert Wilson chez le pédiatre

Pour préparer le rôle de Manu, Lambert Wilson a passé une journée dans le cabinet d'un pédiatre. "C'était passionnant, se souvient l'acteur. Toute l'histoire d'une famille se raconte dans une consultation, à travers la personne qui accompagne l'enfant. Un pédiatre, c'est vraiment quelqu'un qui a les mains dans le cambouis de l'humanité. A travers l'enfant, il soigne la famille entière. Le film m'a ouvert les yeux. Qui sait s'il ne va pas réveiller quelque chose en moi ?"

Quelques titres provisoires

La production a longuement hésité avant d'opter pour le titre définitif Comme les autres. Plusieurs intitulés provisoires avaient en effet circulé durant les phases de développement et de tournage. En voici quelques-uns : Gaybi Boom, Baby Love et Une femme dans ma vie.

Premier long métrage de Vincent Garenq

Comme les autres est le premier long métrage de Vincent Garenq, ancien élève de la FEMIS et réalisateur de deux courts - Vita Sexualis et Dernière séance - ainsi que de plusieurs documentaires.

Tournage à Belleville

Ayant débuté le 15 octobre 2007, le tournage s'est essentiellement déroulé dans le quartier parisien de Belleville. "C'est mon quartier et j'aime son côté métissé ethniquement et socialement, ouvert aux différences, explique le cinéaste... Il a gardé un côté village et humain que Paris perd complètement... Ça collait complètement au personnage de Manu, à ses aspirations et à son humanité... Quand Philippe s'en va, il va vivre dans un lieu en tout point opposé : la Défense. Je voulais pousser au plus loin ce décor pour exprimer le naturel limite "autiste" de Philippe quand il est livré à lui même..." (AlloCine


Bande-annonce.

The Times of Harvey Milk (1984)


Année de production 1984
USA
Réalisateur : Rob Epstein
Documentaire
90 mn

Distribution :

Harvey Milk (Lui-meme (images d'archives), Harvey Fierstein (Narateur (voix), Anne Kronenberg (Elle-meme), Tory Hartmann (Elle-meme), Tom Ammiano (Lui-meme), Jim Elliot (Lui-meme), Henry Der (Lui-meme), Jeannine Yeomans (Elle-meme), Bill Kraus (Lui-meme), Sally M. Gearhart (Elle-meme), John Briggs (Lui-meme (images d'archives), Jerry Brown (Lui-meme (images d'archives), Jimmy Carter (Lui-meme (images d'archives), Dianne Feinstein (Elle-meme (images d'archives), David Fowler (Lui-meme (images d'archives), Joseph Freitas (Lui-meme (images d'archives), Terence Hallinan (Lui-meme (images d'archives), George Moscone (Lui-meme (images d'archives), Dan White (Lui-meme (images d'archives)

Synopsis :


Retraçant fidèlement le climat politique et social de San Francisco dans les années 70, The Times of Harvey Milk constitue un portrait réussi et passionnant de ce qui fut vraiment perdu lorsque Harvey Milk, conseiller municipal de San Francisco, et le maire George Moscone furent brutalement assassinés en novembre 1978 par un autre conseiller municipal : Dan White.

Retraçant fidèlement le climat politique et social de San Francisco dans les années 70, The Times of Harvey Milk constitue un portrait réussi et passionnant de ce qui fut vraiment perdu lorsque Harvey Milk, conseiller municipal de San Francisco, et le maire George Moscone furent brutalement assassinés en novembre 1978 par un autre conseiller municipal : Dan White.

Dans ce film intense et bouleversant, on voit évoluer Harvey Milk. Ce gamin farceur aux grandes oreilles, ce type comme les autres (du moins, c'est ce que ses amis pensaient) se transforme en un homme qui s'assume et accepte son homosexualité découverte à l'âge de 14 ans. Sur le plan politique, Milk, gérant de magasin de photo culotté et affable, devient un conseiller municipal plein de confiance en soi qui s'affirme immédiatement comme porte-parole de toutes les minorités, des personnes âgées et des associations de quartier.

Harvey Milk était charismatique, compatissant et puissant. Il est aussi le premier martyr moderne du mouvement homosexuel. Fascinant du début à la fin, The Times of Harvey Milk reste toujours autant d'actualité qu'en 1984 lorsqu'il remporta l'Oscar. (Comme au Cinéma com


Bande-annonce.

Je te mangerais (2009)


Sortie en France 11 mars 2009
France
Réalisateur : Sophie Laloy
Drame, Romance
96 mn

Distribution :

Edith Scob (Mlle Lainé), Fabienne Babe (Mère Marie), Isild Le Besco (Emma), Johan Libéreau (Sami), Judith Davis (Marie), Alain Beigel (Yves), Marc Chapiteau (Père Marie) 

Synopsis :


Marie quitte sa famille pour aller vivre à Lyon et y étudier le piano au conservatoire. Pour des raisons économiques, elle partage le grand appartement d'Emma, une amie d'enfance, qui vit seule depuis la mort de son père et la désertion de sa mère.
Marie se plie aux règles strictes imposées par sa colocataire qui exerce une pression grandissante sur elle. Emma la fascine, la domine, la bouleverse. Marie se débat entre son désir pour elle et son envie de lui échapper.
C'est l'histoire de cette relation pendant une année, comment Emma accapare Marie jusqu'à l'étouffer et comment Marie se laisse prendre au point de se perdre et donc ne plus pouvoir jouer de piano.

Secrets de tournage.

Inspiré de son expérience personnelle

Je te mangerais s'inspire de l'expérience personnelle de Sophie Laloy, qui, avant de devenir ingénieur du son pour le cinéma, se destinait à une carrière musicale. "Les premières grandes émotions de ma vie, je les ai ressenties alors que je jouais des morceaux de musique classique, explique la réalisatrice. J'ai donc intégré le Conservatoire de Lyon afin de devenir concertiste. Pendant ma première année d'étude, j'ai vécu en collocation avec une amie d'enfance, pour les mêmes raisons initiales que celles de Marie. Cette amie était propriétaire et avait le sens du concret qui me manquait, mais je me suis sentie oppressée par cette relation. De l'extérieur, nous apparaissions comme deux amies d'enfance plutôt liées, assez sages. Mais en réalité, c'est avec une grande lâcheté que je n'ai pas exprimé la violence du mal-être qui m'animait. Et moins je l'exprimais, plus c'était violent, puisque je créais mon propre malaise et que je me laissais dominer."
C'est avant tout ces sensations-là que la cinéaste a eu envie de raconter et de sublimer dans un récit : "comment Marie peut-elle se laisser enfermer dans une relation de plus en plus malsaine ? Comment elle-même peut induire, par son comportement, cette relation malsaine ? En quoi la peur de l'une peut influencer le désir de domination de l'autre ? Il n'y a pas une méchante et une gentille, il y a une très jeune, un peu naïve, un peu lâche, un peu indolente, très malhabile, très séduisante et une plus mature, très seule, blessée, possessive, maladroite et amoureuse."

Le choix des actrices

Pour le personnage d'Emma, Sophie Laloy souhaitait une actrice qui puisse déranger, et en regardant Isild Le Besco, elle a ressenti exactement ce qu'elle recherchait. "Elle était à la fois cruelle et sensible, puissante et fragile, dérangeante et excitante, confie la réalisatrice. Isild a apporté la luminosité et la présence physique qu'imposait le rôle d'Emma et son côté glamour, sa blondeur, son mystère envoûtant me rappelle les héroïnes d'Hitchcock ou de Lynch."
La cinéaste imaginait une comédienne ayant une certaine innocence pour incarner Marie, "une jeune femme sensuelle pleine de formes pouvant jouer l'ingénue avec simplicité". Elle a été immédiatement séduite par Judith Davis, "qui a parfaitement réussi à jouer l'ambiguïté et le mensonge avec la candeur et l'innocence nécessaires à la sympathie du personnage."

Influences

Sophie Laloy commente les influences présentes dans Je te mangerais : "Le début du film est lumineux, coloré, au rythme agréable. Comme le début de Répulsion ou celui d'Harry, un ami qui vous veut du bien... puis les fous rires cèdent la place au malaise, et l'été fait place à l'hiver... le naturalisme au drame. Je joue sur des couleurs, le rouge par exemple, pour trouver des ambiances étranges, comme celles qu'il y a parfois dans les films de Claude Chabrol. Jouer du piano permet à Marie d'extérioriser les sentiments et émotions qu'elle renferme et qui la troublent, notamment dans les échanges avec Emma. Les morceaux choisis en deviennent une bande-son de ses états d'âme successifs. "La Pavane pour une infante défunte" de Maurice Ravel quand elle se sent bien ou un extrait du "Carnaval" de Schumann, "Chiarina et Chopin", dans des moments plus sombres."

Désir féminin

A travers Je te mangerais, Sophie Laloy avait aussi envie de parler du désir sexuel féminin. "Je voulais faire un film sensuel, filmer les peaux, les pieds, les mains, les cheveux, confie la réalisatrice. La sexualité est complètement liée à cette histoire. L'envie de découvrir le sexe pour Marie est forte, décuplée par le fait qu'il lui soit interdit par Emma. Entre les deux filles s'opère un effet de vases communicants, Emma découvre une sexualité chez Marie, et en est influencée, elle commence à la voir comme un objet de désir. Marie accepte d'avoir une relation sexuelle avec Emma, sans l'assumer. Sa force par rapport à Emma est d'avoir des relations sexuelles à l'extérieur, et donc de pouvoir la faire souffrir."

Laetitia Casta et Laura Smet pressenties

En 2005, au lancement du projet, Laetitia Casta et Laura Smet étaient les deux actrices pressenties pour incarner les héroïnes de Je te mangerais, mais la première comédienne dut se désister en raison de sa grossesse.

Le premier long métrage de Sophie Laloy

Je te mangerais est le premier long métrage réalisé par Sophie Laloy. Cette jeune cinéaste a passé une partie de son enfance avec ses parents et ses trois soeurs à Aurillac, où elle a appris le piano et la danse classique. Elle resta en Auvergne jusqu'à son bac scientifique et quitta, à 17 ans, le foyer familial pour entrer au Conservatoire de Lyon afin d'y entreprendre des études de musicologie. Lorsque sa professeure lui demandera de pratiquer le piano six heures par jour, elle comprendra que ce n'est pas sa véritable vocation et choisira de s'orienter vers un métier moins solitaire et plus "sociable". C'est ainsi qu'elle intègre la Fémis en 1992 pour y suivre trois années de formation de cinéma dans le département son. Ses études terminées, elle exerce le métier de perchman et d'ingénieur du son sur des téléfilms, longs-métrages et documentaires. Elle réalise ensuite un premier court-métrage, D'amour et d'eau fraîche, prime à la qualité du CNC.

Dates de tournage

Le tournage s'est déroulé en novembre et décembre 2007. (AlloCine


Bande-annonce.

Villa Amalia (2008)


Année de production : 2008
Sortie en France 8 avril 2009
France
Réalisateur : Benoît Jacquot
Drame
94 mn

Distribution :

Jean-Hugues Anglade (Georges), Xavier Beauvois (Thomas), Clara Bindi (Marion),  Isabelle Huppert (Ann), Maya Sansa (Giula), Viviana Aliberti, Michelle Marquais, Peter Arens, Ignazio Oliva, Jean-Michel Portal 

Synopsis :


Comme la goutte d'eau fait déborder le vase, Ann voit une nuit Thomas embrasser une autre, et elle décide de le quitter, de tout quitter. Elle est musicienne, seule la musique la tient mais ne la retient pas. Elle ne tient qu'à la musique. Avec l'amitié de Georges, surgi de son enfance, elle rompt et fuit, part à la rencontre de son origine et de son destin, trouve une île, là où est la Villa Amalia.

Secrets de tournage

Et de Cinq !  

Villa Amalia marque les retrouvailles d'Isabelle Huppert avec le réalisateur Benoît Jacquot. Après Les Ailes de la colombe (1981), L'Ecole de la chair (1998), Pas de scandale (1999) et La Fausse Suivante (2000), Villa Amalia est le cinquième film qu'ils font ensemble. Le réalisateur raconte que "du coup, cette réelle connaissance qu'on a l'un de l'autre, nous permettait d'être, l'un vis-à-vis de l'autre, dans un état de disponibilité authenthique, je crois."  

La naissance du film 

Villa Amalia est né du fait que le réalisateur Benoît Jacquot a besoin d'un rendez-vous régulier avec Isabelle Huppert. Ce film a donc pour origine l'envie de retravailler avec l'une de ses actrices fétiches. "Par moment quand j'ai trop de films sans elle, j'ai absolument besoin d'en faire un avec elle. C'est comme un repère", raconte le cinéaste. Benoît Jacquot connait Pascal Quignard, l'auteur de Villa Amalia, depuis longtemps et le livre fut dans ses mains bien avant qu'il soit en librairie. Dès les premières pages, il a su que c'était son prochain film, et qu'il allait le faire avec Isabelle. Villa Amalia est donc le fruit de deux relations que Benoît Jacquot a sû réunir. Selon lui dans les films qu'il a fait avec Isabelle Huppert, "je n'ai jamais eu le sentiment d'atteindre le but que je m'étais fixé. Il me semble que celui-là n'est pas loin du compte. "  

Nouvelle coupe de cheveux 

La scène où Isabelle Huppert se coupe les cheveux a eue lieu en direct. L'actrice raconte qu'"une fois que c'était fait j'étais ni triste ni contente, c'était nécessaire, et cette nécessité dédramatisait l'évènement. Pour Bertrand Tavernier, le plan où ses cheveux sont coupés "a, toutes proportions gardées, la même force que si on attaquait une banque."  

Une scène coupée 

Au montage, Benoît Jacquot à coupé une scène qui lui tenait très à coeur. Dans cette scène, Isabelle Huppert jouait seule au piano, et Xavier Beauvois, qui interprète l'homme qu'elle quitte, revient dans l'appartement qu'ils partagent. Elle continue à jouer alors qu'il entre et il se place derrière elle. "Plus de lumière, la nuit est tombée, il se met à fumer et on voit la fumée comme sortir du piano. Tout à coup, elle arrête et s'en va sans rien lui dire. C'est une scène qui condensait beaucoup d'éléments du film, que j'ai tournée en un plan et qu'au montage, in extremis, j'ai coupée. J'y tenait beaucoup..." raconte le réalisateur. 

Préparations au tournage 

Dans Villa Amalia, Isabelle Huppert fait des choses très physiques, comme nager ou jouer au piano. Elle s'est beaucoup préparée durant deux mois, avant le tournage, à nager et pianoter. Plusieurs fois par semaine, elle a reçu un coaching de piano avec les morceaux que le musicien Bruno Coulais inventait au fur et à mesure.  

Doublures  

Pour les scènes de natation, au cas où Isabelle Huppert serait fatiguée, la production avait prévu des filles pour la doubler. Benoît Jacquot raconte qu'il a eu le droit à des protestations de la part de l'actrice lorsqu'elle en a eu vent, "je dirais même des hurlements. De lui dire qu'il pourrait y avoir quelqu'un d'autre, c'était terrible."  (AlloCine

Bande-annonce


Villa Amalia Bande annonce vf publié par CineMovies.fr - Les sorties ciné en vidéo
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...